Un Havre ph½nix
Quand les paysages prennent la forme d'un visage
La haine est un sourire invisible qui brille la nuit
Et l'amour une grimace qui se veut un éternel hommage
J'½uvre pour un havre de guerre
Dans ma ville aux falaises écorchées
Une bataille entre galets desséchés
Par un soleil qui ne vient qu'en hiver
Nos bateaux n'aiment que l'Angleterre
Ses ports musées de mes peurs
Et tous les cieux volent la vapeur
D'usines aux couleurs sédentaires
J'½uvre pour un Havre ci-gît
A compter les platanes de Perret
Sur nos avenues de béton aéré
Embrasés par une céleste bougie
Notre mer d'animaux salés
Emporte des voiliers de nuages
Vers un horizon dont le visage
Abrite un c½ur fermé à clé
J'½uvre pour un Havre Mystique
En marchant sereine sur l'eau
A la faveur de Notre Dame des Flots
Dans son église de craie biblique
A écrire l'histoire des héros
D'une ville ph½nix en prière
A reconstruire les lambeaux de pierre
A la mémoire de nos maux
Les paysages fous
Le Havre est un paquebot amnésique perdu sur la terre
Une île de galets où nagent des mouettes musiciennes
Un refuge pour le vent dans sa complainte solitaire
Rouen est un puits qui collectionne les croix
Une immense cathédrale où Dieu baille d'ennui
Dans chaque rue d'ombre où le temps est si étroit
Paris est un monument pris d'assaut par des extraterrestres
Un grand magasin où se perdent des nounours mal-aimés
Une Seine où l'on organise des randonnées pédestres
Quand les paysages prennent la forme de la folie
Laissant hurler derrière ses barreaux l'indifférence
L'amour et la haine en sont les Geôliers affaiblis